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SYLVAIN SCHRYBURT
La zone grise entre l’art et la représentativité
Festival Zones Théâtrales

On ne saurait se lancer tout de go dans la critique des productions de la seconde édition du Festival Zones Théâtrales (FZT) d’Ottawa sans d’abord toucher un mot du défi propre à cet événement, dont le mandat est de «présenter des spectacles de théâtre professionnel créés par des artistes des communautés francophones canadiennes et des régions du Québe », comme le note son responsable artistique, Paul Lefebvre. Offrir une vitrine à ces artistes qui, avec les difficultés que l’on imagine mais dont la presse québécoise ne parle jamais, œuvrent en contexte linguistique minoritaire ou dans l’ombre des deux principaux centres urbains du Québec, est un pari louable, à n’en pas douter. Mais un tel pari est-il suffisant pour un événement produit par le prestigieux Théâtre français du Centre national des Arts (CNA)? En termes clairs, cette vitrine ne devrait-elle pas aussi être réservée à des compagnies et à des créateurs francophones qui, tout en œuvrant hors des grands centres, proposent des visions fortes et des univers singuliers, bref des spectacles qui s’inscrivent en marge d’un certain théâtre que d’aucuns diront plus conventionnel, sinon plus routinier? Dilemme cornélien au petit pied qui consiste à trouver un juste équilibre entre l’excellence artistique des projets retenus et la représentativité géographique des compagnies invitées, entre l’art et le national. Et peut-être est-ce là où le bât blesse, ce qui expliquerait que le FZT ne soit pas allé sans quelques ratés.
La suite dans Jeu 128...

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